Introduction
Pour les Anciens le temps est cyclique, pour les Modernes il est linéaire, j’en déduis que le temps est hélicoïdal.
En relativité générale il n’y a pas de temps universel et chaque objet en mouvement a un temps propre qui lui est attaché. Quand je regarde les étoiles, au temps qui semble être le présent pour moi, chacune me parle avec sa propre temporalité parfois en années-lumière en arrière. Le présent n’est le présent de personne, il n’est pas universel non plus.
Le temps présent est éphémère, fugace, on distinguera cet aspect temporel par le mot temporellité – nature de ce qui est temporel - et on réservera le mot temporalité pour désigner une séquence de temps, une durée, un événement daté à travers la conscience qu’on peut en avoir.
Le temps
Le temps est du sable jeté-là dans toutes les directions et devient ce présent qui rassemble tous les instants dispersés des étoiles
Le temps est la texture de l’être-là, dans sa matérialité très concrète : parfois soyeuse parfois rugueuse. C’est ce qui fait la densité d’être. Le temps adhère à l’être.
Il y a l’être, il y a le temps. Ils sont emmêlés (Martin Heidegger)
Le temps se spirale, se tord, se divise : à moins que ce soit l’être ? Car le temps ne bouge pas, c’est donc l’étant qui tourne en rond en avançant
Le temps-de-l’être est lié au mouvement de l’étant, à sa transformation, perceptible ou non
Le temps est alchimique, il transmute les êtres.
Les changements irréversibles s'expriment communément par “la flèche du temps”. L’être se déploie, non le temps, et ne revient pas en arrière. Tout acte est irrémédiablement fait et ne peut être défait.
Le temps n’est pas un écoulement, car le temps n’est pas un étant.
Le temps n’est pas une ligne ni un cercle. Il est hélicoïdal : linéaire et cyclique. La spirale dit l’idée de renouveau dans la répétition : cercle des saisons, des années dans la sphère céleste qui reviennent sans n’être jamais les mêmes. Printemps, été, automne, hiver : les climats du temps
Mais le temps est aussi un cube à plusieurs dimensions, car il n’est pas séparable de l’espace. C'est une composante de l'espace.Et quelle spirale que l'être de l'homme ! Dans cette spirale que de dynamismes qui s'inversent ! On ne sait plus tout de suite si l'on court au centre ou si l'on s'évade. Les poètes connaissent bien cet être de l'hésitation d'être. Jean Tardieu n'écrit-il pas : pour avancer je tourne sur moi-même, cyclone par l'immobile habité. (Jean Tardieu, Les témoins invisibles, p. 36.) Citation de Gaston Bachelard
Il n’y a pas de raison de ne pas penser que le temps n’a pas d’autres dimensions que la seule linéarité du temps perçu. En théorie des cordes par exemple, l’espace-temps a 13 dimensions qu’il faut doubler si l’on tient compte de l’antimatière. On ne peut percevoir toutes ces dimensions car certaines sont repliées sur elles-mêmes.
Le temps est horizontal et vertical, il est orienté vers l’avant (temps ordinaire) ou vers le haut (temps spirituel) ou vers le côté (temps parallèle). L’univers physique est poétique et musical qui joue d’un instrument à cordes.
- L’extase est la dimension verticale du temps-vers-le-haut
- Le rêve est la dimension parallèle du temps-de-côté
- Le temps-autre est l’autre côté de cette dimension tournée vers l’autre que soi et qui lui appartient
- L’étant est la dimension en-avant du temps-au-devant
Le temps étant un polyèdre, les rayons de réminiscence ricochent de facette en facette, s’amplifient ou s’éteignent,
Tour à tour lumière ou prison, ils enveloppent l’étant d’un entour ouvert, ou l’enferment dans le renvoi sans fin de ce qui n’est plus
Le temps réfléchit le temps, s’emprisonne dans ses miroirs
Le miroir est la prison du temps comme l’univers est la prison de la lumière
Être et temps se déterminent réciproquement, mais de telle sorte que celui-là - l’être - ne peut être déclaré temporel, pas plus que celui-ci - le temps - ne peut être déclaré étant. Méditant tout cela, nous vagabondons en propositions contradictoires. Martin Heidegger. Temps et Être. in Questions III et IV. Gallimard.
La maison du temps
L’être est la maison du temps de l’étantSa demeure pour accueillir le temps
La forêt de l’être pour le cueillir
Parfois dans une clairière, un chêne
Le chêne ancre l’étant dans le temps de la clairière et accompagne l’être sur son chemin
Chemin sans fin dans la forêt Chemin buissonnier
Caché dans les fougères hautes
Et dans le crissement des cigales
Temps qui se condense dans la musique du sous-bois
Le temps qui se transforme en liqueur
Qui coule en résine souple et serpentine
Le temps partagé, coupé en deux comme un fruit juteux
Que l’on suce lentement et profondément
La pénétration du temps, jusqu’à la moindre milliseconde, au moindre interstice
La chair du temps qui s’ouvre à la liqueur jetée-là
Temps intemporel
Maison du temps habitée de mélodies immatérielles
En ces instants alchimiques l'élixir vient dissoudre la cendre-là du temps
Et le monde se peuple à nouveau de signes et de notes…
« Je t’embrasse - je te caresse au son de l’oud.
Je glisse mes doigts sur les cordes
Lentement au rythme d’une vibration que j’accompagne »
Anouar Brahem - 🎵 "Parfum de gitane"
Temporellités conjointes
Moments fugaces en résonanceLa temporalité des corps de désir
La temporalité du désir
La temporalité de la nudité qui s’offre au désir
La parole qui se caille là où est le parler
Exactement à la source du désir
Et qui devient temporellité de l’être dans sa chair
Et dans l’in-dit du cri
Temporellités qui s’accordent à la conscience, fugaces.
Temporalité de la poésie
La poésie est une des temporalités de l’être-au monde. Elle s’en-mêle au rêve, à l’imaginaire, renverse les causalités et ouvre un monde de signes et de correspondances.
Le temps surréaliste (surréel ?) réverbère ses rayons dans toutes les directions - temps des coïncidences et de l’imaginaire fondu dans le réel.
C’est la reconstruction d’un monde pour donner une demeure à l’être La temporalité de l’imaginaire
Irisation du monde, mouvement de l’être dans le cheminement de la Dite
L’imaginaire va chercher la Dite dans ses fondements pour la déployer par la parole poétique
L’imaginaire dit la nudité de l’être
Il est le Dire de cette nudité, son souffle
L’éclat du jour et le murmure de la forêt au cœur de l’être
Il est l’ouvert des temporalités, tourbillon de l’espace-temps, la fertilité de l’étoile.
Climat de l’être
Dans le cube du temps il n'y a pas de partitionnement, le cheminement de l’être et le chant du monde se déploient dans toutes ces temporalités mêlées, indistinctes. Tour-à-tour solides, liquides, ou d’éther
La poésie envole mon regard sur le monde, l’ancre au ciel étoilé La poésie fait mon regard sur le monde.
Le poème dit l’in-saisissable du temps tout autant que l’insaisi-sable, de sa matérialité
Le poème déchire le temps, la zébrure d’un éclair fulgurantL’in-saisi du temps : le poème. L’en-corps du poème. Le poème déconstruit le temps. Se pose dans l’atemporel.
Mais la parole est en mouvement
La parole en marche
La parole dont les mots égrènent une temporalité
La parole est un fil
Les fils s'emmêlent et se nouent dans la poésie
Fil d’Ariane qui cherche une sortie du temps
Le temps arrêté, l'intemporellité
L’être dans le temps-là comme arrêté
Les idées posées là
Ouvert de l’espace intérieur, plénitude et légèreté
Vacuité totalisante
Ce n’est pas un arrêt, mais au contraire le mouvement pleinement conscient de l’être-au-monde
Porté par les flammes
L’esprit posé
Être là pleinement
Dans le feu intérieur
A l’intérieur du temps, dans son intemporellité même
Méditation de l’arbre
Être du temps de la forêt pénétré / pénétrant le souffle du monde
Méditation de l’eau : bateaux et remorqueurs dans la brume du matin. Le temps marque une pause.
Pensée ramassée
Dense
Concentrée
Qui se fait désir de vie focalisant
Et déferlant hors du temps, intemporel.
Le temps de l’autre et de soi
Pour Emmanuel Kant, le temps n’est rien d’autre que la forme du sens interne, c'est-à-dire de l’intuition que nous avons de nous-même et de notre état intérieur. La conscience ne retient que des événements et leur succession dans le temps, mais pas le temps lui-même. Ainsi chacun à son propre 'temps’. Le temps de l’autre n’est pas le mien, il est fait de son vécu et de l’histoire de son vécu.
Au présent tous les ressentis passés se rassemblent en moi en une simultanéité d’états, à la fois une somme de passés différents et une permanence.
Dans l’esprit le temps se feuilletteUn instant de l’avant revient à ma mémoire, il colore l’instant présent ; je suis dans ces deux instants superposés ; Il y a simultanéité des présentsIl y a une simultanéité des penséesSi la parole est nécessairement séquentielle, la pensée se libère de l’ordre temporel. Elle est jaillissement sans début ni fin ; c’est la parole (l’écrit) qui l’ordonne après coup.Le temps n’est que le moule du ressenti intérieur.
Le fait de penser le temps non à partir de ce qui en est attesté dans la vie en première personne, mais à partir de ce qui, se dérobant à ses "intentions", vient la surprendre dans ses effectuations globalisantes, permet ainsi d’envisager la temporalisation, non plus comme la production d’une continuité dont la subjectivité serait le dernier lieu, mais comme laps irrécupérable qui interrompt la cohérence de la vie subjective pour l’exposer à un horizon que ses visées ne sauraient épuiser.
L’impossibilité de revenir à soi et à ce qui a été vécu ne relève dès lors plus d’un accident de la mémoire que la progression de rétentions en rétentions pourrait toujours pallier. Bien au contraire, elle définit la temporalisation même, comprise comme ce qui, faisant irruption dans le système de médiations subjectives, en annule l’efficacité. Telle est la dimension du temps – force de rupture, impossibilité de se rejoindre, fêlure du moi – à partir de laquelle l’altérité s’annonce sans jamais se présenter ; telle est également la puissance qui en émane de concerner le moi jusqu’à le rendre responsable de ce qui dépasse la sphère de ses actes, se découvrant ainsi comme unique, car élu à répondre à et de ce qu’il ne peut pas déterminer :
« L’identité du même dans le « je » lui vient malgré soi du dehors, comme une élection ou comme l’inspiration en guise de l’unicité d’assigné. Le sujet est pour l’autre ; son être s’en va pour l’autre (…). La subjectivité dans le vieillissement est unique, irremplaçable, moi et pas un autre… » Emmanuel Levinas, 1990. Autrement qu’être ou au-delà de l’essence. Paris : Livre de Poche.
L’irruption du temps de l’autre. “Le retard sur soi de chaque ipséité provient d’un retard sur l’autre auquel chaque moi reste redevable dans sa temporalisation.” Jean Grégori & Délia Popa Le temps avec les autres.
L’être est affecté par l’autre dans sa temporalité. Dans le solipsisme du soi le temps n’est rien. « Deux temporalités ne s'excluent pas comme deux consciences, parce que chacune ne se sait qu'en se projetant dans le présent et qu'elles peuvent s'y enlacer » Merleau-Ponty
Le temps Deux
Le temps Deux advient par la présence : présence au monde, présence à autrui. La présence ouvre le temps de l’être au temps d’autrui dans la chair du monde par le souffle de l’altérité.
Le temps de l’autre fait irruption en moi.
Il s’emmêle au temps où l’on est ensemble même à distance
Il s’emmêle aussi au passé repensé
Et se déploie au même rythme
Indiscernables l’un de l’autre, le temps-soi et le temps-autre
Donnés l’un à l’autre
Dans une même oscillation
Le souffle ténu de la coïncidence
Le temps déplié dans la présence à l’autre
Le temps replié par son absence
L’envolée du soi dans le soi-même par le regard de l’autre : l’en-intériorité, l’échappée de l’être vers l’être-autre
Déployer, déplier
Une éclosion
La demeure pour accueillir le regard, le visage
Plier pour déplier
Se replier l’un contre l’autre
Petits animaux en origami
Et déplier les étants vers l’ouvert du temps
Le don du temps de soi à l’autre
La fusion des temporellités
L’intrication temporelle
Le temps lent de la lecture attentive, de l’écoute de l’autre
Pensées cheminantes de l’un à l’autre
Dans les méandres du temps long
Parole accueillie, parole offerte
Parole ciselée à Deux
Instants lovés dans le nid du Deux
Le temps Deux dépouillé de ses oripeaux
Le Deux jeté-là, frémissant
Son temps en lambeaux, in-saisi
L'intrication, dans les temporalités : une dimension vibratoire dans la temporalité. Puisque le temps adhère à l’être, l’intrication se manifeste aussi dans la temporalité et dans l’espace
Temps ondulatoire : corde tendue de l’attente, éclatement du temps de l’être dans l’union. Frémissement du temps dans la pensée du Deux, rythmique du co-penser.
Les formes intérieures du temps
Le temps se plie se déplie se perle se condense se froisse se déchire se brise s’envole s’évapore ou se dilue
Errance dans l’ouvert son souffle veille sur la transformation de l’être
Dans l’instant aigu le temps cristallisé pénètre l’être, rayure indélébile.
L’instant Deux s'en-mêle à l’instant-Un, dans cette danse du temps
Il s’enlace au temps des vagues
Au temps des départs aussi, du cargo qui passe
Il s’enroule le long de la tige de l’euphorbe ou du tournesol
Il se fait écho d’une musique envoutante
En déplie la mélodie
Et l’inscrit dans la chair
Le frémissement du temps
L’in-temporel n’est pas la permanence, il est de durée nulle, insaisissable, à l’origine même de l’instant qui est lu, se réserve à soi-même impalpable
Le temps n’est qu’un frémissement de lui-même.
Il est en perpétuel mouvement, toujours recommencé
L’instant naît et meurt en même temps
Une goutte de temps et puis une onde
L’in-temporel, l’in-racinement, le surréel
L’in-présent : le réel se dérobe à la rencontre.
L’in-présent : l'inauthentique de l'être.
Il n'y a pas de temps intérieur car il n’y a pas de temporalité sans le monde.
C’est un temps sans déploiement.
Une montre molle posée dans le désert.
Le temps alchimique
Est un serpent lové, toujours prêt à se dérouler et se déployer dans la transformation de l’être hors du dévoilement de la conscienceLe temps alchimique enveloppe le jour, le drape de ses images
Le temps alchimique emplit la nuit et guide les rêves
Le temps se fait élixir de vie
Quelques gouttes d’élixir : boire l’or alchimique du temps
"Je cherche l’or du temps" André Breton
L’écriture-temps
Le sable qui s'imprègne des traces du temps
Une écriture faite de pas et de sable doré
Insérée, in-sérée, in-serrée
Lovée, in-lovée et en-lovée
Danse-Deux
Chant et contre-chant
Contre-ut à la limite de la tessiture du temps (*)
Ecriture dans la chair du temps, stridente et languissante, mélodie soutenue par tout l’orchestre des sens
Sur un tapis sonore éclaboussé de papiers et de feuilles jetées-là ou sur une terrasse ensoleillée là-bas, peu importe l’espace
L’écriture-temps suit les mélodies du désir
Elle dévoile la nudité de l’être, s’en abreuve
Se joue des corps séparés
L’écriture gomme le temps et remplit l’espace de la parole
L’écriture éclate le temps, le déploie
Densifie l’espace de la matérialité du désir
Fait entrer dans la maison du Deux
En ouvre les portes une à une
Et cherche une pièce lumineuse pour faire l’amour
Ou bien au contraire décrit le paysage
Forêts, parcs et fontaines
Pour y conduire les pas amoureux
Et accueillir la nudité
L’écriture magnétique, intriquée
La sensualité de la langue et des mots
Le désir qui déborde le texte
Les idées s’appellent, se frôlent se caressent s’enlacent
J’écris une barque, tu t’y allonges
Balancement doux sur le clapotis des vagues
étan(g)(t) entre mer et forêt, là-bas
Et mon regard sur ton visage reposé.
D’un coup d’aile le héron sort des roseaux
Et plane maintenant entre ciel et marais
Il y a la temporalité du texte écrit à plusieurs
Temporalité de la lecture différée, temporalités des écritures qui parfois coïncident, se synchronisent
Buriner un texte sur le marbre du temps
L’inscrire dans le permanent
Sculpture de papier, le texte s’enroule, se love, se déplie, se déploie
Tu écris une ligne et moi une autre
Tu en écris une autre qui enserre les deux autres
Elles se frottent les unes contre les autres pour en faire jaillir un sens
La page se réchauffe des écritures mêlées
Les caractères avancent et reculent au rythme des temporellités accordées
C’est une danse conjointe sur une musique lente
En suivant la prosodie des sens
Le geste nu de la poésie émancipée.
L’écoute condense le temps
Le poème est une cristallisation instantanée de temps et d’espaces éloignés
C’est l’étoile filante qui brûle dans l’atmosphère ses particules de l’au-delà, et renvoie à son tour une lumière intense et fugace, à saisir, et tout d’abord à in-saisir
L’écriture est un parcours, un chemin, une trajectoire et donc un mouvement, un geste-avec-autrui
Le chant pur de la temporalité
Le temps en mouvement, l'atemporel
Le temps de la conscience n’est qu’un mouvement, un changement
Le temps s’élargit à grande vitesse et se cale sur la lumière
Il se raccourcit si le mouvement accélère
Car le temps est capricieux
C’est un serpent tortueux
Le temps est atemporel, il n’existe pas dans le temps et ne se déploie pas sur lui-même. Le temps est dans le mouvement et s’origine dans le pré-mouvement qui est l’avant du mouvement.
La grande vague d’Hokusai se fige pour l’éternité
Images d’un monde flottant
L’en-acte n’est pas un acte encore engagé, mais déjà en mouvement-vers
Il est l’intention encore inconsciente, comme un désir de désir, une orientation qui précède l’impulsion de mise en acte.
L’en-acte est encore dans le non-agir
Le déjà-là
Mouvement de l'être-à
Dans l'avant du temps
Imperceptible
L’en-germe : c’est le complémentaire déjà en marche, non le dual, ni l’opposé. La possibilité d’une intrication. Le yin et le yang, sources l’un de l’autre et intriqués, déjà-là. C’est l’origine de la métamorphose irrépressible qui va se faire. De la naissance de l’instant qui unit le passé au futur. Le chiasme de la temporalité.
Parfois le germe porte une gémellité. C’est celle du Deux dans l’in-dit.
Le bougé du bouger de la chose bougeante, son en-frémissement
Le germe du geste, la pré-caresse
La main qui se sait être.
(Le préfixe “en”, est le point de passage, l’entrée, entre présence et absence, yin dans yang et inversement, mise en mouvement).
L’en-Deux c’est le mouvement vers l’autre. Le frémissement avant l’entrée en résonance.
L’en-résonance du Deux par la mise en présence.
Lumière et musique
Le temps est une onde
Le temps se déroule à la vitesse de la lumière
… à moins que ce ne soit l’inverse, la lumière se confond avec le tempo et donne ses couleurs aux sons, la lumière entre dans le tempo. Trois mouvements :
- De l'aube à midi sur la mer : les changements subtils d’atmosphères et de luminosité de la mer qu’accompagne le progrès du matin sur l'eau. Le vol d’un oiseau puis une lame de fond de cymbales et le fracas des vagues.
- Jeux de vagues : le balancement des vagues, les changements inattendus de courant, l'irisé de la lumière du soleil sur la surface de l'eau et les profondeurs mystérieuses.
- Dialogue du vent et de la mer : le vent se lève dans la courbure du temps, creuse la houle. La tempête est soumise au bon vouloir du compositeur.
Le rythme des jours commence par un silence en pointillé
Quelques trémolos au hautbois, chant de l’oiseau au bord de sa falaise
Puis la flûte et le basson, les feuilles froissées
La harpe vagabonde… c’est 🎵 l’après-midi d’un faune, Claude Debussy
Dans la chaleur de la terre
Huiles et onguents en forme de 🎵 sérénade, Ständchen, Franz Schubert
Quand la lune éclaire le lac soudainement
Et que des pas clapotent dans les roseaux.
Le sous-bois et les cors s’invitent dans
La symphonie des sens où tous les 🎵 instruments fusionnent, symphonie n°4 de Johannes Brahms
I. Allegro non troppo
II. Andante Moderato
III. Allegro Grocoso
IV. Allegro energico e passionato - Più Allegro
Les autres facettes du temps
Le temps atmosphérique
- Quel temps fait-il aujourd’hui ?
- Mélancolique
- Quel temps fais-tu ?
- Épais et brumeux
- Quel temps as-tu ?
- Celui de mon être
- Quel temps prends-tu ?
- Je prends ton temps
Le temps fracturé, divisé, cassé en morceaux
Le temps changeant, menaçant
Climats des îles sous le vent
Et puis un cargo lève l’ancre en arrachant ses amarres
Sur le rivage, une goutte de temps condensé
Une goutte de feu ballotée dans les tempêtes
Simplement là pourtant, quelque part dans le monde quelque part dans le temps
Le temps est un cube aux bords arrondis, il n’a rien à voir avec l’éternité
Le temps long
Le temps long descend le fleuve depuis sa source
Bouillonnant tout d’abord
Il passe le long d’un temple zen et traverse des villages
Son impatience ralentit car sa vie sera longue : il doit s’économiser
Et il lui faut parcourir encore la majeure partie de son cours
Il ne peut revenir en arrière ni accoster à l’un des villages traversés
Il repense au temple zen et à la sagesse entrevue
Il suit dès lors le cours des saisons pour atteindre la mer
L'histoire suit l'homme mais ne la précède pas. L'homme est nu devant son destin. L'homme advient à lui-même en tant qu'homme.
![]() |
| Temple zen au bord du fleuve |
L’essence du temps
est le mouvement. On peut dire ce que l’on veut du temps et le représenter
comme on veut. La philosophie, la psychologie et l’histoire ne peuvent parler
que de métaphores du temps. On ne peut pas saisir le temps, pas plus que le
mouvement dont il est issu. Il est lié à l’être et l’être est lié à lui.







