Anthropologie et politique

 

Anthropologie et politique, langage et pouvoir



Propos

Nous nous intéressons dans cet article aux relations entre politique et anthropologie. La politique et l'anthropologie sont profondément interconnectées, car les structures politiques reposent sur des conceptions fondamentales de ce qu'est l'être humain. L'anthropologie, en tant qu'étude de l'humain sous ses aspects biologiques, culturels et sociaux, aide à comprendre comment les systèmes politiques émergent, se développent et fonctionnent en réponse aux besoins et caractéristiques des individus et des groupes humains. Aristote affirmait que "l'Homme est un animal politique" (zoon politikon), signifiant que la vie en communauté et les institutions politiques découlent directement de la nature sociale de l'humain. L'anthropologie montre que, dans toutes les sociétés humaines, des formes de régulation collective et des institutions émergent pour organiser les relations entre individus, gérer les conflits et assurer la survie du groupe. Les structures politiques sont donc enracinées dans cette nature sociale et coopérative de l'Homme.

L’anthropologie classique a pour objet de problématiser les sujets de l’ethnologie :
  • Les structures de la parenté et les formes de l’État,
  • Les catégories de classement : ethnique, lignagère, de caste, de classe sociale et les modes de production qui les spécifient : les différenciations à l’œuvre,
  • L’étude des représentations au regard de leur mise en pratique dans les jeux cérémoniels où les rites et les mythes sont analysés comme relevant de la transformation du lien social,
  • Les relations d’échanges au sein des communautés et entre les communautés.
L'anthropologie culturelle met en évidence la diversité des formes de gouvernance et de relations de pouvoir à travers l'histoire et dans le monde. Chaque société développe ses propres normes, rites et institutions en fonction de son environnement, de ses traditions et de ses croyances. La politique est donc un miroir des structures anthropologiques, reflétant les particularités de chaque culture.


Quelques représentants de l'anthropologie française

Claude Lévi-Strauss

L'anthropologie structuraliste, principalement développée par Claude Lévi-Strauss, est une approche qui se concentre sur la structure sous-jacente des systèmes sociaux et culturels. Voici les points clés de cette approche

  1. Structure et Système : L'anthropologie structuraliste cherche à comprendre les structures fondamentales qui organisent les sociétés humaines. Lévi-Strauss soutient que les structures mentales universelles sous-tendent toutes les cultures, et ces structures sont révélées à travers les pratiques culturelles, les mythes, et les systèmes de parenté.

  2. Binaires et Oppositions : Une caractéristique fondamentale du structuralisme est l'analyse des binarismes (oppositions) comme "nature/culture", "chaud/froid", ou "mâle/femelle". Lévi-Strauss argumente que ces oppositions sont des éléments clés dans l'organisation des pensées et des systèmes culturels.

  3. Mythes et Récits : Lévi-Strauss a particulièrement étudié les mythes en tant que structures narratives qui révèlent des systèmes de pensée universels. Il a analysé comment les mythes fonctionnent pour résoudre les contradictions dans les sociétés et comment ils structurent la manière dont les individus perçoivent et organisent leur monde.

  4. Parenté et Systèmes de Relation : L'anthropologie structuraliste analyse aussi les systèmes de parenté en termes de structures profondes qui régissent les relations sociales et les règles de mariage. Lévi-Strauss a démontré que les systèmes de parenté suivent des règles universelles malgré les variations culturelles.

L'ethnologie reste plus implicitement associée à l'étude d'un peuple déterminé, en général d'une société traditionnelle, et au travail sur le terrain, tandis que l'anthropologie étudie les faits anthropologiques, c'est-à-dire propres à l'humanité. Elle compare notamment les diverses sociétés ou ethnies qui la compose comme on a pu le voir chez Claude Lévi-Strauss.

Maurice Godelier
Maurice Godelier
C'est ainsi que Maurice Godelier étudie aussi ce qui est au fondement de la société humaine et non pas le fondement lui-même de la société humaine. Il montre que certains des sujets ci-dessus de l'ethnologie ne sont pas aux fondements des sociétés humaines [1] et qu’au contraire il s’agit de les déconstruire pour les reconstruire par l'anthropologie. Il renverse « des vérités anthropologiques considérées comme éternelles » pour proposer ses propres analyses. Il établit le rôle fondateur des rapports politico-religieux dans l’institution des sociétés et interroge : "comment donc des croyances religieuses et des rites peuvent-ils contribuer à établir la souveraineté d’un groupe humain sur un territoire et être l’une des conditions de la naissance d’une nouvelle société ?" Il inverse ainsi les "vérités" suivantes :

  1. Les sociétés sont fondées sur l’échange, des échanges de personnes et des échanges de biens, et ceux-ci revêtent deux formes, (a) échanges de biens et marchandises, (b) échanges de dons / contredons,
  2. Les rapports de parenté et la famille sont partout au fondement de la société, particulièrement dans les sociétés sans classes et sans Etat qu’on appelait autrefois primitives,
  3. Un homme et une femme produisent librement des enfants en s’unissant sexuellement,
  4. Les rapports économiques constituent la base matérielle des sociétés,
  5. Le symbolique l’emporte toujours sur l’imaginaire et le réel.

 Il montre au contraire que :

  1. « à côté des choses que l’on vend ou de celles qu’on donne, il en existe qu’il ne faut ni vendre ni donner mais qu’il faut garder pour les transmettre et ces choses sont les supports d’identité qui survivent plus que d’autres au cours du temps,
  2. Il n’existe pas et il n’a jamais existé de sociétés fondées sur la parenté. Les rapports de parenté et encore moins la famille, ne sauraient constituer le lien qui unit différents groupes humains de manière à faire une société,
  3. Nulle part dans aucune société un homme et une femme n’ont jamais été pensés comme suffisants pour faire un enfant. Ce qu’ils fabriquent ensemble, ce sont des fœtus que des agents plus puissants, par exemple des ancêtres, des dieux, un Dieu, transforment en enfant en les dotant d’un souffle ou d’une âme. Par ailleurs ils ne sont pas libres de procréer comme ils le veulent,
  4. La sexualité humaine est fondamentalement asociale. Le corps sexué des hommes et des femmes fonctionne dans toute société comme une sorte de machine-ventriloque qui exprime et légitime les rapports de force et d’intérêt qui caractérise la société qui la composent comme clans, castes, classes, communautés, etc.,
  5. Tous les rapports sociaux y compris les plus matériels contiennent des noyaux imaginaires qui en sont des composantes internes constitutives¸ et non des reflets idéologiques. Ces noyaux d’imaginaire sont mis en œuvre et en scène par des pratiques symboliques (par exemple à travers des rites, une religion, etc.)

Les rapports humains qui font d’un ensemble de groupes humains et d’individus, une société, ne sont ni les rapports de parenté ni les rapports économiques, mais ceux qu’en Occident on qualifie de politico-religieux. »

Il appuie ses analyses d’études au sein de diverses sociétés dont les Baruya chez lesquels il a longuement séjourné. Il constate que des sociétés se forment à partir de groupes humains qui acquièrent une souveraineté sur leur territoire dont ils peuvent exploiter collectivement les ressources. Puis cette société partage un imaginaire et des symboles qui sont une mise en pratique de cet imaginaire qui n’est rien moins qu’une pensée commune, c’est-à-dire un ensemble de représentations que les humains se font de la nature et d’eux-mêmes comme des autres peuples qui les entourent. C’est un monde idéel fait d’images, d’idées et de représentations de toutes sortes qui ont leur source dans la pensée (idées religieuses, sociales, culturelles, scientifiques, etc.) comme processus d’interprétation du réel. Ce niveau d’interprétation leur permet d’expliquer l’ordre de la nature, l’ordre psycho-social et l’histoire pour en tirer des leçons quant à la manière dont ils doivent se comporter entre eux, hic et nunc, et vis-à-vis du monde qui les entoure. Le niveau du symbolique regroupe l’ensemble des moyens et des processus par lesquels l’imaginaire s’incarne à la fois dans les réalités matérielles et des pratiques qui leur confèrent un mode d’existence concrète, visible et sociale, et prend valeur de signes, qui donnent place à des institutions qui les organisent. 

La question des échanges vient ensuite, par exemple en Egypte ancienne entre Pharaon et les prêtres qui devaient protection aux paysans qui en retour devaient les nourrir et assurer d’autres corvées. Les échanges soumis à obligation passent sous le mode domination/consentement qui se sont perpétués sous diverses formes selon les régimes politiques à travers les castes, les classes, etc., le cas étant particulièrement frappant en Egypte, où le politico-religieux a joué le premier rôle dans le fondement de la société et non comme on pourrait le croire des rapports de parenté, de famille ou des rapports économiques. Ceux-ci viennent après une fois la société constituée.

En somme l'organisation d'une société est de nature politique si on entend par politique un ensemble de relations de pouvoir.

Georges Balandier
Pour Georges Balandier [2] : « Le pouvoir politique est inhérent à toute société : il provoque le respect des règles qui la fondent ; il la défend contre ses propres imperfections ; il limite, en son sein, les effets de la compétition entre les individus et les groupes. Ce sont ces fonctions conservatrices qui sont généralement considérées. En recourant à une formule synthétique, on définira le pouvoir comme résultant, pour toute société, de la nécessité de lutter contre l’entropie qui la menace de désordre – comme elle menace tout système. Mais il ne faut pas ci conclure que cette défense ne recourt qu’à un seul moyen – la coercition – et ne peut être assurée que par un gouvernement bien différencié. Tous les mécanismes qui contribuent à maintenir ou à recréer la coopération interne sont eux aussi à mettre en cause et à considérer. Les rituels, les cérémonies ou procédures assurant une remise à neuf périodique ou occasionnelle de la société sont, autant que les souverains et leur « bureaucratie », les instruments d’une action politique ainsi entendue. » 

Il poursuit : « Si le pouvoir obéit à des déterminismes internes qui le révèlent en tant que nécessité à laquelle toute société se trouve soumise, il n’en apparaît pas moins comme résultant d’une nécessité externe. Chaque société globale est en relation avec l’extérieur, elle est, directement ou à distance, en rapport avec d’autres sociétés qu’elle considère comme étrangères ou hostiles, dangereuses pour sa sécurité et sa souveraineté. Par référence à cette menace du dehors, elle est non seulement conduite à organiser sa défense et ses alliances, mais aussi à exalter son unité, sa cohésion et ses traits distinctifs. Le pouvoir, nécessaire pour les raisons d’ordre interne à l’instant considérées, prend forme et se renforce sous la pression des dangers extérieurs – réels et/ou supposés. Le pouvoir et les symboles qui lui sont attachés donnent ainsi à la société les moyens d’affirmer sa cohésion interne et d’exprimer sa « personnalité », les moyens de se situer et de se protéger vis-à-vis de ce qui lui est étranger. On peut souligner, comme dans les sociétés anciennes, l’importance des symboles assurant la différenciation par rapport à l’extérieur, ainsi que celle des groupes et des individus représentatifs. »

Ainsi donc ce qui constitue l’organisation d’une société ou d’un Etat est sa gouvernance politique [3]. « Une Politique, constate Éric Weil [4], peut être équivalemment un traité des théories positives de sociologie au sens large ou encore un programme d'action appuyé par des réflexions scientifiques ou non. » Et il ajoute plus loin qu'une troisième conception est possible : une Politique est alors « une considération raisonnable de la réalité pour autant que cette réalité même permet ou impose à l'homme de la modifier selon des buts et à partir du refus qu'il établit lui-même de ses actions ».


Pouvoir et langage

En politique, le langage n’est pas seulement un moyen de pouvoir, c’est la substance du pouvoir, c‘est un mode du pouvoir qui exprime des rationalités, mais c’est bien plus, c’est la substance même du pouvoir c’est-à-dire que si le pouvoir perd le langage elle n’a plus la capacité d’exister. Dans les théories modernes, le poids du langage et des mots et particulièrement important pour décrire des réalités sociales parce qu’ils permettent la mise en scène du pouvoir c’est-à-dire que c’est le langage qui va pouvoir construire la relation au pouvoir et de la mettre en scène. Dès lors, dans les théories de l’anthropologie politique moderne, apparaissent plusieurs idées :

  • il ne peut pas y avoir de pouvoir sans langage,
  • il ne peut pas y avoir de pouvoir sans communication,
  • il ne peut pas y avoir de pouvoir sans rituel.

Cela veut dire qu’il n’y a pas de pouvoir sans mise en scène (à la fois par la parole et par les textes de toutes sortes, les médias y compris). La théâtralisation fait notamment partie de notre démocratie moderne, c’est une réalité sociale et anthropologique.

Michel Foucault

Michel Foucault [5] a exploré le lien entre langage et pouvoir à travers ses travaux, notamment dans ses études sur les institutions, les savoirs et les discours. Pour Foucault, le langage n'est pas un simple outil de communication, mais un instrument essentiel du pouvoir, qui joue un rôle central dans la construction des normes, du savoir, et des structures de contrôle social. Il développe la notion de discours pour désigner les systèmes de langage qui structurent le savoir et les pratiques sociales. Un discours ne se limite pas à une série de mots ou de phrases, mais constitue un ensemble d'énoncés et de règles qui déterminent ce qu'il est possible de dire, de penser et de faire à un moment donné dans une société.

Le discours, selon Foucault, produit du pouvoir, car il définit les normes, les vérités et les comportements attendus dans une société. Par exemple, les discours scientifiques, juridiques ou médicaux façonnent la manière dont nous comprenons le corps, la maladie, la folie, la criminalité, et plus largement, ce qui est considéré comme "normal" ou "déviant". Foucault introduit l'idée que le pouvoir n'agit pas uniquement de manière répressive, mais qu'il est également producteur de savoir. Le langage est donc un vecteur de pouvoir-savoir, où ceux qui ont le pouvoir de parler et de définir la vérité peuvent également établir des régimes de vérité qui orientent la manière dont les individus et la société se perçoivent. Le langage devient ainsi un mécanisme de construction des "vérités" et des réalités sociales acceptées. 

En définitive, discours et politique sont fortement liés : le langage est intrinsèquement lié aux mécanismes de pouvoir et de contrôle social. Le langage ne décrit pas simplement le monde ; il participe à la construction du savoir, des normes et des vérités ou idéologies qui régissent nos sociétés. Le pouvoir se manifeste donc dans le discours, et la lutte pour le pouvoir passe souvent par des luttes discursives sur ce qui peut être dit et pensé.


Conclusion

Aujourd'hui, pour les sociétés laïques où le politico-religieux cède la place au politique seul, de nouveaux termes s'érigent en concepts opératoires pour l’anthropologie politique : la patrimonialisation, les diasporas, le développement durable, la prise en compte de l'environnement, la mondialisation, l’écologie, etc. Ces thèmes ne concernent pas seulement les anthropologues, mais également les philosophes du politique, les économistes, les juristes, les psychologues politiques, les géographes, etc., qui partagent aujourd’hui les mêmes objets de recherche. Ainsi en est‑il de thèmes aussi variés que ceux de la faillite et/ou l’impuissance des États ; les enjeux identitaires ; la faillite des idéologies ; l’expansion du capitalisme et la mondialisation ; la nouvelle articulation du religieux et du politique ; le changement de nature des causes humanitaires ; les nouvelles formes de coopération et la mise en cause du concept de développement ; la question démographique et de l’immigration ; les fondements des nouveaux rapports privé/public ; les nouvelles frontières, etc.

Les systèmes politiques se fondent sur des conceptions de la nature humaine, de la socialité et des besoins humains fondamentaux. Les structures politiques émergent pour répondre aux réalités anthropologiques de chaque société, et les théories politiques reposent sur des visions spécifiques de l'être humain et de sa place dans la société. L'anthropologie apporte au politique, des connaissances sur les sociétés, groupes, communautés, etc., d'un point de vue épistémologique et théorique, pouvant aider les politiques à analyser les situations pratiques.

L'analyse du discours politique peut de son côté, permettre d'analyser les mécanismes linguistiques et les stratégies rhétoriques par lesquels les acteurs politiques tentent de convaincre, de manipuler, ou d'influencer l'opinion publique et les acteurs sociaux. Le discours politique joue un rôle crucial dans la construction des identités collectives (nationales, ethniques, sociales). En utilisant des concepts tels que "nous" et "eux", les politiciens créent des distinctions entre les membres d'une communauté et les autres, que ce soit pour unifier un peuple autour d'une cause commune ou pour désigner des adversaires ou des ennemis. L'identité nationale, par exemple, est souvent façonnée à travers des discours qui évoquent l'histoire, la culture, ou des valeurs partagées. L'analyse du discours politique doit aussi prendre en compte le rôle des médias, qui servent d'intermédiaires entre les politiciens et le public. Les médias jouent un rôle dans la sélection, l'interprétation et la diffusion des discours politiques, influençant ainsi leur portée et leur réception.

 

La récolte

L'âme des mondes

Sous le ciel ancien des premiers âges,
L'homme scrute les signes, interroge les visages.
De la terre sous ses pieds à l'étoile lointaine,
Il déchiffre le mystère, sans fin, sans chaîne.

Anthropologie, chant profond des vivants,
Tu saisis le souffle, les gestes, les temps.
Dans chaque culture, dans chaque parole,
S'écrit une histoire, une danse, un rôle.

Les masques des rites, les mythes sacrés,
Révèlent des mondes, enfouis, cachés.
Tu sondes les croyances, les rêves, les peurs,
Cherchant la trame qui unit les cœurs.

Du corps tatoué au conte des sages,
L'homme modèle et forge son passage.
Mais sous l’éclat des formes et des faits,
Une question demeure : qui sommes-nous, en vérité ?

Les frontières s'effacent, les ponts se créent,
Entre l'Autre et soi, un même reflet.
Dans l'œil du passé, dans l'avenir à naître,
Anthropologie, tu traces l’être.

Dans l'invisible des âmes, dans la chair des rites,
Tu tisses le monde, infini, pluriel et intime.
Et nous restons là, à chercher, à comprendre,
Ce que l'homme, en silence, continue d’apprendre.

Poème créé par ChatGPT, septembre 2024



[1] M. Godelier, Au fondement des sociétés humaines, ce que nous apprend l’anthropologie. Champs collection essais, Flammarion, 2010.

[2] G. Balandier, Anthropologie politiqueParis, PUF, 1967

[3] Les systèmes politiques sont essentiellement des systèmes de relations de pouvoir, le pouvoir étant défini comme la capacité d'atteindre, dans l'interaction avec un autre agent, ses objectifs, ou, si l'on aime mieux, comme la capacité de faire en sorte que ses préférences soient efficaces. L’organisation du pouvoir se structure à la fois sur l’axe vertical comme sur l’axe vertical (relations de subordination et relations de coordination).

[4] É. Weil, Philosophie politique, Paris, Vrin, 1956

[5] M. FoucaultLes Mots et les Choses. Une archéologie des sciences humaines, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines », 1966