Ontologie de la présence

 

Facettes de la présence

 

Argumentaire

La présence offre différentes facettes qui se tournent tantôt vers soi tantôt vers le monde ou les autres, comme un balancier. La présence n’est pas authentique si elle n’est pas incarnée et tournée entièrement vers son objet : présence en pensée seule ou physique seule ne suffisent pas ; la présence nécessite une intention (orientation-vers, conscience-de) et une attention (soin, souci, action-pour). Elle implique simultanément le corps (physique) et l’esprit (pensée) ; elle est une incarnation en un lieu et en un temps donnés qui nourrit l'être de l’étant par cette présence même, car elle en fait un engagement.

Le temps de la présence n’est pas le présent, ou le “maintenant” qui ne dure pas, mais une certaine temporalité de l’être, comme une respiration de l’être-là, tantôt tourné vers lui-même, tantôt tourné vers le monde ou les autres, et qui pose l’étant dans son être à travers l'expérience du monde.


Présence à soi = être-soi

La présence à soi est à la fois existentielle, conscience de soi, connaissance de soi et vitaliste (ressentir son corps comme vivant).

Existence : Souci heideggerien, être-soi, exister en soi, être-pour-soi (Sartre) ; nudité de l’être, être dans sa nudité, exposer ce dépouillement, se dévoiler

Conscience : Conscience phénoménologique de soi, se percevoir touchant-touché, se percevoir comme être de son étant (Merleau-Ponty), pouvoir-être-soi, mais aussi se sentir soi au milieu des autres (Henry)

Connaissance : Formuler une pensée, connaître (Descartes, Kant), savoir que l’on est soi, connaissance de soi

Vitalisme : vivre selon son élan vital (Bergson, Canguilhem, Jonas, Deleuze), vie psychique autant que biologique, sentir vivre son corps. La présence à soi est ici conscience de la vie présente en soi, saisie par le corps, vie en tant que présence physique et physiologique

Mystique : Harmonie intérieure, sentiment d’un accord intérieur, état de grâce (Weil).

Quelques moments d’être-soi...

  • La présence à soi et le sens : la saveur de l’existence, l’ancrage,
  • Liberté intérieure et liberté d'agir,
  • L’ennui qui ronge et s’enfonce en soi en faisant ressortir le soi,
  • La nostalgie qui ramène aux temps heureux et creuse un sillon en soi,
  • La solitude qui met au premier plan, en miroir,
  • La douleur qui prend toute la place en s’insinuant dans le moi.

...et de négation : non-être-soi

  • Esseulement, enfermement en soi, aveuglement, narcissisme,
  • Petits arrangements avec soi-même, être inauthentique,
  • Absence à soi-même : sentiment de vide, happé par ce vide, tourbillonnement stérile dans le non-sens, coupé de soi,
  • Indifférence à soi, détachement de soi, perte de l’être de l’étant,
  • ou bien par opposition, agitation frénétique, dans l'évitement de la conscience de l’instant, ou bavardage inutile,
  • La distraction est un évitement de soi-même, un pseudo remplissage par le vide,
  • L’être-ailleurs, l’être distrait, l’être loin de soi, oublié et désertion à soi-même,
  • Vacuité sans remplissement de soi.


Authenticité de la présence = être-soi-même

La présence à soi devient authentique lorsqu’elle se double d’une présence à soi-même, l’être-soi se double d’un être-soi-même, il est reconnu par autrui. Se sentir être-soi-même par les autres, le regard des autres qui renvoie à soi, la réciprocité d’être-soi avec les autres dans le nous. Être-soi-même par le regard des autres

Présence ontologique comme un donné, un jeté-là, une évidence : chaque génération est jetée-là dans l’histoire du monde, vagues successives irrépressibles, authenticité dans l’espèce humaine

Accepter la condition humaine, telle quelle
Vivre ses expériences, ne pas les subir.
 
Être authentique c’est être acteur de sa vie, ne pas être dirigé par le regard des autres : la consommation, les rites sociaux, les habitudes.
Penser par soi-même
Agir en pleine conscience, être “à sa place”
Mettre de l’intériorité dans le geste d’exister
Construire et affiner le regard interrogatif porté sur le monde et soi-même.


Présence à l’autre = être-deux

La présence à l’autre ne revêt pas une absence de soi mais, au contraire, demande une acuité, une qualité de centration en soi pour autrui et une attention à l’autre. Cette présence doit être réciproque pour être pleine et prendre tout son sens

Etre-avec-l’Autre, recevoir de l’Autre, donation réciproque
Attention à l’autre, souci-de-l’autre
Co-présence au monde, être-autre-avec-soi
Présence incarnée dans la chair de l’autre,
Amour charnel, jouissance partagée, être-deux
« Le rapport qui, dans la volupté, s'établit entre les amants, foncièrement réfractaire à l'universalisation, est tout le contraire du rapport social. Il exclut le tiers, il demeure intimité, solitude à deux, société close, le non-public par excellence. » Levinas Totalité et Infini.
Aller au-devant de l'autre dans la singularité de son être-au-monde et de sa corporéité et être accueilli pour cela.
Ressentir la présence de l’autre comme un autre soi-même (Levinas)


Présence aux autres = être-avec-les-autres, être-au-milieu-des-autres, être-parmi-les-autres, être-nous

Aller au-devant d’un groupe ou d’une communauté dans l’être-nous, l’être de cette communauté, être-parmi-les-autres.

Dialogue avec les autres, échange, action conjointe

Co-souci ou souci mutuel des autres, être-au-milieu-des autres

Etre-social-commun, solidarité vis-à-vis d’une condition sociale commune ou coopération active pour l’améliorer

Engagement social, participation, responsabilité, être-avec-les-autres, bénévolat

Être-ensemble (vivre-ensemble avec conscience de vivre-ensemble)


Négation : non-être-avec-les autres
  • Présence excessive des autres, envahissement
  • Le bruit et la fureur
  • Les oppressions, la guerre, les conflits : le lien social détruit
  • La question de l’ego, du goût pour le pouvoir
  • L’indifférence aux autres, la solitude comme perte de l’altérité (Levinas)
  • La violence, la domination
  • L’utilisation des autres : négation de l’autre
  • Le non-être-social, narcissisme
  • Le mensonge, la flatterie
  • Etc.
Le “on” être inauthentique chez Heidegger
  • L'activité des réseaux sociaux est une pseudo-présence, indirecte, partielle et désincarnée qui relève du “on”. Présence virtuelle qui n’est pas incarnée, c’est une illusion de présence perceptive,
  • Présence artificielle par anonymisation
  • L’activité dans le monde numérique (réalité virtuelle immersive) n’est qu’une présence virtuelle, ce n’est pas une présence authentique.


Présence au monde = être-au-monde

Cheminer dans l’Ouvert
Ouvrir tous ses sens vers le monde
Être présent aux choses, ici et maintenant
Habiter le monde
Se déployer dans le monde
Faire le monde sien

La présence au monde façonne le monde qui façonne le soi
Capter, écouter, sentir, s’immerger
Être-là, parce qu’on a été jeté-là
Existence comme engagement de l’être-là-donné
Écouter le chant du désert
Écouter les oiseaux
Écouter le silence du monde
Sentir le battement du temps - scansion du monde

Participer de la symphonie du monde, se mettre en résonance, s’enraciner, se sentir investi d’une mission d’être-au-monde.
Le sentiment océanique : l’extase de l’accord avec la nature, l’identification avec le système dans son immensité, le fait de ressentir le tout (Hadot)
La présence au monde en donation réciproque, en acteur non en simple consommateur
Le geste d’exister en pleine conscience

Mikel Dufrenne distingue être-présent-à et être-présent-avec « être présent-à, comme un spectateur à une représentation, un témoin à un événement, cest sarracher de la véritable présence : être devant et non plus avec. ». Il donne une valeur plus forte à être-présent-avec, dans une valeur intemporelle : 
"Il n’y a de présence qu’à l’origine, dans le présent d’un instant qui échappe au temps, au temps de nos actes, de nos projets, de nos souvenirs ; ou plutôt, c’est ce présent qui donne au temps son intensité, son poids, sans lesquels il ne serait que l’insensible glissement d’une continuité, le pur tracé d’une ligne sans épaisseur." Mikel Dufrenne, Philosophie de l’homme et philosophie de la Nature.



Négation de l’être-au-monde
  • Utilisation du monde (exploitation pillage destruction) : négation du monde, de l’environnement
  • Vivre seulement n’est pas une présence au monde suffisante, c’est utiliser ses ressources pour la survie ou le maintien en vie ; par assimilation, destruction, adaptation, domination. La vie est co-présence au monde, présence-dans-le monde mais non existence dans le monde. Vivre seulement n'est pas être-au-monde.


Présence du monde = être-du-monde (Fûdo)

Le monde a une présence en-soi, sa réalité, qu’on appelle être-du-monde. C’est le monde sensible, la chair du monde (Merleau-Ponty), ou encore l’entre, le milieu, la médiance, le fûdo, l’entour, l’aïda, etc. Le monde passe sous nos yeux et se reflète dans notre regard, et nous livre son être dont on se nourrit que l’on soit spectateur ou acteur du monde.

L’être-du-monde ne peut se vivre que dans l’être-au-monde, reçu-donné dans un seul geste, garder le monde sous-la-main (Heidegger) pour s’en saisir le moment venu

Le Fûdo (Watsuji) est un existential du lieu “l’esprit du lieu”, ce qui émane d’un lieu et d’un instant, ce qu’on y instille de soi-même, un mélange. Fûdo signifie climat, atmosphère d’un lieu.

Le fûdo rassemble l’intuition, l’esprit du lieu et du temps, le parfum du sens. C’est l’atmosphérique du là de l’instant et du lieu, de soi-même plongé dans le monde. Le soi émane du fûdo autant que du temps, c’est l’entre (aïda) qui fait le soi en tissant les relations soi-altérité-monde. L’entre n’est pas l’entour (umwelt) ni la médiance, ces deux termes renvoyant au biologique et à l’incarnation de la vie, à la relation organisme-milieu. L’entre est immatériel, ontologique (au sens de Nishida)

La médiance c’est l’incarnation à la fois dans la terre, dans l’espace, des espaces intérieurs des êtres. Le lieu rassemble alors ces volutes de sens, invitation à d’autres incarnations. Le soi s’origine à la vie dans la médiance.

L’entre c’est le lieu d’une incarnation immatérielle, volatile, non palpable mais sensible, qui dit la subtilité de la chair du monde. L’aïda (au sens de Kimura) est la coprésence au monde ou être-avec-les-autres dans le monde.

L’entre c’est l’intrication des vibrations des vivants. Elle peut se stratifier dans la terre la pierre pour enjamber le temps des vivants ; elle s’inclut dans l’imaginaire, et l’on ne distingue plus le matériel de l’immatériel, le construit du perçu. L’entre crée une atmosphère, un sentiment atmosphérique, le fûdo. C’est une résonance au-delà de la temporellité humaine.

Le là de l’être-là est à la fois la médiance - lieu de vie - et l’entre - lieu d’échange transcendantal, fond vital d’où émerge le sujet. L’entre est aussi appelé l’être-par-autrui (Kimura Bin).

Le là de l’être-là (Dasein) a une épaisseur, c’est l’entre ou aïda, la médiance, et une odeur subtile, le fûdo.
Le fûdo est le tissu des vivants
écheveau où tout est emmêlé
On ne distingue pas l’intérieur et l'extérieur des mondes de l’être
un seul exister des vivants reliés
de leurs empreintes de leurs désirs
leurs traces, le substrat de ces inscriptions
une pensée et tout bascule dans la mélancolie
une lumière et l’irradiance
il n’y a pas d’origine pas de direction
seulement une atmosphère

Présence-autre du non-humain, partage de territoire, niche

Ecologie, vie du milieu, vie des systèmes

Univers, cosmos

Présence de la terre : marcher dans la boue, sentir la terre lourde
sentir l’eau, la pluie chaude
être nu dans l’herbe
sentir le froid piquant, le chaud caniculaire
les couleurs, les chants des oiseaux

Vibrer avec le vent
Observer le monde
se glisser dans son silence 
Présence du lieu : la demeure
La demeure pour un ancrage

L’atmosphérique, la saveur des choses
L’ivresse des sens dans le goûter, le toucher, le sentir
Être dans la matérialité du monde
L’être de la forêt
La caresse des fougères
La douceur de la mousse
L’odeur du bois mort
L’insecte qui court sur les feuilles
L’être de l’arbre


Manifestations de la présence : quelques signes

Déploiement de l’être,
Dévoilement de l’être

Traces d’une action engagée

Présence par la parole, le discours, les écrits, la musique, l’art
Présence par l’écoute silencieuse
Présence au texte par la lecture
Présence par le regard, les gestes

Traces, inscription corporelle, empreinte dans le corps
Être de terre comme façonné par l’autre

Être dans le monde monde manifesté par “il y a”

Aimer c’est occuper l’espace (Henri Michaux)
Être de plain-pied avec le monde, le restituer dans sa saveur et sa chaleur premières et immédiates (Jocelyn Benoist)

Les êtres chers disparus, signes perceptibles, une présence d’une autre teneur, un parfum une saveur de l'absence.

L'absence est une présence cachée, dont il faut en découvrir l'herméneutique : traces, être-en-retrait, empreinte, mémoire, attente, silence, imaginaire. L’herméneutique de l’absence est une quête du sens dans ce qui se dérobe, une écoute de ce qui ne parle pas, une attention à ce qui ne se montre pas.


Dans le silence où rien ne parle
Un souffle passe, discret, voilé
L’absence tisse son doux voile
Présence en creux, jamais oubliée

car l’absence n’est pas le néant

elle porte les marques de la présence

en dessine un filigrane

l’absence n’est pas le contraire de la présence

c’est une autre tonalité de l’exister

L'herméneutique du silence

Le sens se faufile entre les cordes
Du violon muet qui interprète l’absence
Chaque mot est une onde qui oscille
Une vibration qui cherche son origine.

Les pierres traduisent les soupirs du vent
Et les horloges déchiffrent le temps en spirale
Je lis dans les résonances du silence
Des mots que nul n’a jamais prononcé.

Herméneute de l’invisible
Je décrypte les battements du néant
Chaque résonance est une énigme
Et chaque énigme, une porte vers l’Ouvert.

Je capte l’écho d’un miroir sans reflet
Un battement d’aile dans l’abîme des mots.
Le vide m’habite comme une mer sans sel
Et je m’y déploie, doucement, sans fin.

L’herméneutique de l’absence


L’absence s’est déshabillée lentement,
comme une étoile qui renonce à briller,
et sous sa peau translucide,
je découvre le visage de l’invisible.
Le miroir s’est fendu sans reflet,
un cri d’ombre s’est échappé du silence,
et l’horloge a oublié ses aiguilles
dans le ventre d’un nuage sans ciel.
Alors je danse avec l’absence,
je l’habille de paradoxes et de papillons,
et dans son regard vide,
je vois enfin ce que je ne cherchais pas.
Les mots s'égrènent à nouveau
dans le collier des jours

Présence dans l’action = pouvoir-être

L’action dont il s’agit ici est une action de présence au monde ou aux autres, c’est un pouvoir-être. Il peut y avoir une manière de se positionner en silence, sans agitation, et qui revêt une qualité essentielle de l’action. Etre à disposition, sans agir en lieu et place d’autrui, laisser advenir la situation, demande de ne pas se laisser emprisonner dans les schèmes traditionnels de la suractivité qui permettent, le plus souvent, de justifier son activité aux yeux d’autrui. Nous pouvons considérer, dans l’acte de présence, plusieurs strates qui s’enchevêtrent et, en cela, se nuancent. La coprésence, en tant qu’elle suppose une part de flou, de minimal et de relâchement, est constitutive de la vie quotidienne, mais demande aussi une attention à soi et aux autres. La qualité de présence est autant engagement qu’effacement, en cela elle a indéniablement affaire à l’absence. C’est un jeu de présence-absence, d’action et de non-action.

Être le là, voilà ce à quoi est appelé l’homme en tant qu’être-là

Danse de Zarathoustra (Nietzsche)
Présence dans le mouvement ou l’immobilité du monde
La relation à l’outil
Le faire créatif
Tantôt acteur de son propre personnage, en sortant de la théâtralité, tantôt acteur social en évitant tout jeu de rôles. Bénévolat
Agir en pleine conscience
Ne pas s’enivrer du regard des autres

L’agir minimaliste et utile
Le geste vrai
Chercher, accueillir plutôt que prescrire
Contribuer à la connaissance du monde

Planter, semer, récolter
Habiter le monde en poète (Hölderlin)
Cheminer sans errer.

Pouvoir être de l’être-là
Existant, l’homme n’est tel, à la différence d’un simple vivant que par son pouvoir-être.

La non-présence n’est pas une absence. C’est la négation ou le déni de la présence. Distraction, éparpillement, bavardage

Avant du monde humain : les temps sans humains : temps sans récit
Il y a un continuum entre présence et absence

Toutes les absences ne se valent pas
Et quelquefois la présence physique est chargée d’absence psychique
Dans l’absence on peut déceler des manifestations de présence

Entre présence et absence, la présence éthérée
Présence en pensée, pensée de l’absent
L’écriture fait advenir une présence à l’esprit
Présence non incarnée
Porosité des mondes : l’esprit les signes la poésie
Les rêves et l’imagination
L’au-delà de l’être est peuplé de pensée des autres qui habitent les gestes

Absence corporelle
Déréliction


Harmonie générale

“L’empereur doit agir en harmonie avec les étoiles et leurs trajectoires, les actes doivent honorer les points cardinaux, il doit porter la couleur appropriée le jour approprié, manger le plat approprié. Par chacune de ses actions, il doit respecter le système des nombres qui, lui, est établi selon le sens cosmologique. Il doit exécuter les justes sacrifices le juste jour. En cas d’échec, les saisons seront déréglées et inondations et sécheresses peuvent s’ensuivre. Le fonctionnement de l’univers et tous les objets du monde sont projetés sur les points cardinaux et sur son corps. C’est ainsi que fonctionne la pensée microcosmique. Le corps de l’empereur est le modèle de tous. Les corps de tous ses sujets sont régis par les mêmes lois. Ainsi, la vision de chaque chose est-elle contrainte par sa signification par le système impérial. Comme ils s’assoient pour manger, couchent pour dormir et se lèvent au soleil levant, leurs actions sont en harmonie avec l’univers.” Mary Douglas, Modèles corps/maison du monde : le microcosme comme représentation collective.


Conclusion

La présence est un être-à-l’avant, qui pousse l’être vers les autres ou met l’être face-à-face avec lui-même dans son devenir. C’est aussi une posture d’être-au-monde authentique, une posture « debout au milieu des autres et du monde », de façon à paraître tel que l'on est dans sa totalité.